Samedi 19 décembre 2009 à 11:16


C'est non sans un pincement au coeur que je vous annonce que je déménage.
Mais je ne peux totalement renoncer à cet endroit qui m'a accompagné durant deux ans. Les souvenirs demeurent toujours importants, quoi qu'omniprésents, ainsi, nous verrons bien ce qu'il en advient ... De vous, de nous, je garderais beaucoup je crois et j'aime à le penser.


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Jeudi 15 octobre 2009 à 21:07



Tu sais, peut-être que ces mots, si souvent écorchés à mes lèvres, suspendus entre deux ternes et poussiéreuses réalités, restent mieux enfouis et étouffés dans ma gorge. Il fut des jours et des nuits, où je t'observais malicieusement, allongée sur l'herbe, au bord du monde, au bout de la terre, au creux de la vie. Tu ne dois pas te souvenir. Et ces instants précieux où nous courrions à travers champs, insouciant, inconscient, dos au soleil couchant. Il ne reste de ton souffle que la buée des vitres glacées, qui disparait lentement, mots prématurément achevés. Je t'aurais aimé si tu l'aurais voulu. Les étoiles se reflétant au bord d'une nuée brillent dans tes yeux par ricochet hasardeux. Je ne crois en rien, excepté ces douces soirées assombries par l'apparition de l'hiver. Et en toi, aussi, un peu. Peut-être devrais-je te conjuguer au passé. Oui, à l'imparfait. J'étais, tu étais, il était, nous étions. Nous sommes à présent aussi insaisissable qu'une brise de vent, parcourant la distance, le temps et l'espoir. Et je souhaiterais changer, me modeler à ta façon, oublier la mienne, oublier, recommencer, à la coïncidence de l'alizé. Je fus toujours trop peureuse, je crois. Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie.
Attrape simplement ma main.



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Dimanche 27 septembre 2009 à 20:58



Il était sept heures du matin. Les gouttes de pluie battaient le carreau, perlaient le long du volet, tombaient drues sur le sol du jeune automne. Rien d'autre ne demeurait que le silence. Elle était loin, l'insouciance. Mais a t-elle déjà été présente ? Les nuées d'obscurité de l'aube se dissipaient, laissant entrevoir un timide rayon clair. Rien n'avait changé. Non, rien ne passe, hormis le temps, sans répit, sans compassion, sans scrupules et sans regrets. Il doit être facile de se laisser porter par l'aiguille de l'horloge de chêne, pourtant, tu en es incapable. L'atmosphère grise de ces tôt matins te manquaient, je le sais. Mélancolie, spleen des feuilles orangées déposées dans le parc désert, et le vent piquant. Une tasse de café, trois tours de clés, une porte claquée, tes pas résonnant sur le pavé, rompant la quiétude de la rue éveillée. Et je me blâme pour ce que j'ai dit, ce que je n'ai pas dit, ce que j'ai fait, ce que je n'ai pas fait. Ca peut être insupportable, tu sais. Ce sentiment dominant d'échouer, de te regarder partir, de ne pas te retenir, ne pas te crier les mots que j'ai si souvent souhaité te dire. Alors, peut-être est-ce le destin, se répétant, tel les mois inscrits sur le calendrier. Leur bonheur futile et puéril te donne la nausée, non, ils ne peuvent pas comprendre. Il était sept heures du matin. Peut-être était-ce la pluie qui firent tomber tes propres perles salées.



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Samedi 8 août 2009 à 19:33



" Que chacun examine ses pensées. Il les trouvera toutes occupées au passé ou à l'avenir. Nous ne pensons presque point au présent, et si nous y pensons ce n'est que pour en prendre la lumière pour disposer de l'avenir. Le présent n'est jamais notre fin. Le passé et le présent sont nos moyens: le seul avenir est notre fin. Après, nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre, et nous disposant toujours à être heureux il est inévitable que nous ne le soyons jamais. "


*


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Mercredi 29 juillet 2009 à 0:21



Adieu à tes yeux, là où leur reflet était horizon utopique, là où ton nom brillait tel le soleil d'été, de ses rayons paresseux. Tout semblait si étonnamment plaisant, l'aiguille de l'horloge de chêne sonna le glas de tes candides espérances tracées au fusain.
Elle fut si loin l'Arcady.

Des parallélismes de poussiéreuses bibliothèques, des chatons réclament avidement du lait, ta voix résonnant étrangement sur le sol froid, la lueur discrète des flammes d'une bougie colorée dessinant des ombres chinoises sur la toile blanche, tes doigts fin trainant poétiquement sur les touches bicolores.
Rien ne viendra troubler le confort de l'indifférence dans lequel tu reposes.
Seules tes pensées embuées vinrent frapper à la porte des rêves brisés. Surpopulation boulevard of broken dreams.
Malgré tout, malgré nous, l'oubli demeure l'impossible. Finalement, réaliser à quel point tout nous oppose à présent fait bien plus mal que la distance passée. Les désillusions transpercent la peau, plus profondément que les espoirs lâches et vains.

Je pensais nous reconnaitre. Comme si tout ceci n'avait jamais existé. Mais, je t'observe, et je ne vois qu'hier.
Et tu sais, il est probable que je ne te regrette pas sincèrement, mais plutôt celle que je fus à tes côtés.
Tu as disparue dans la clarté d'un matin d'hiver, et plus rien ne te ramènera. Tu n'es plus mienne, dorénavant.
Elle fuit si loin l'Arcady.



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