Mardi 23 septembre 2008 à 21:45



Les paysages urbains défilaient lentement, de plus en plus reconnaissables, je les observais d'un oeil creux, vide, me rendant finalement compte tout d'un coup, sans raisons, sans questions, probablement sans réponses, que je n'étais plus en colère désormais. Que je m'étais affranchi de ce stade circulairement vicieux, de ces remords sans fondements, de ces craintes sans raisonnement, de ces espoirs lourdement déposés sur le quai d'une gare déserte.
Non, il était simplement sujet de vie. La vie, celle que nous n'avons pas vécue. Même si les faux-semblants régnaient malicieusement sur nos embumés subconscients, nous n'avions pas vécu, et cela n'était point grave. Pas important. Il suffisait d'accrocher deux post-it de sourire, l'un spécifiant discrètement "Ne m'oublie pas." . Mais si, un pied, puis deux, posés gauchement sur ce béton familièrement irrégulier, une portière blanche claquant rapidement sous un vague aurevoir, et c'était tout. Si, nous avions oubliés.
Il était question de bagages furtivement déposés aux côtés de la rame trois, celle que nous prenions, tout en sachant à la perfection qu'elle ne nous menait strictement nulle part, sinon dans un mur de brique.

Et R. avait certainement raison, lorsqu'il me disait que ce devait être mieux ainsi, quand je lui avais confié quelques mots à la dérobée. Il avait probablement raison de ses répliques rassurantes, me glissant qu'au moins, je n'avais rien connu d'autre et que tout cela était par conséquent plus facile.
Car un quotidien inconnu ne peut nous manquer, si nous avons uniquement rencontrés de brèves éclairs de valises à la gare les week-ends.

Comment ce que l'on a jamais connu peut-il créer un vide en notre être ? C'est acte impossible. Les hypothèses s'offrant à ma portée laissant planer une ombre de conditionnel passé, me chuchotant au creux de l'oreille que nous aurions pu la vivre, cette vie, me laissent de marbre sur le linox froid de ce quai de gare.

C'est à propos de la vie que nous n'avons pas vécue. Du superficiel, de l'artificiel, de l'espace depuis toujours blanc sur les paperasses des tuteurs légaux, juste à côté d'une signature expressement grifonnée au stylo bille noir. L'indiscutable et inavouable certitude de me tenir à la droite d'un étranger, me semble t-il l'avoir acceptée.
Il est évident à présent, que le train a déraillé depuis longtemps. Et me voici, attendant patiemment un wagon invisible sur le sol d'une ancienne gare abandonnée.

C'est ici que s'achève notre vie, celle que nous n'avons pas vécue.





  OneRepublic - Apologize


Publié par Tais-toi.mon.coeur

Mardi 16 septembre 2008 à 21:38



"Je jouis du présent, [...]
Dans le sein de la liberté
Je l'adorais toujours, et lui fus infidèle,
J'ai bien réparé mon erreur:
Je ne connais que le vrai bonheur
Que du jour que je vis pour elle"
Voltaire.


Cesser ces questionnements incessants. Rire sans soupirs. T'observer dans la clarté de septembre. Le quotidien se transforme en mélodie sonnante, ni d'or, ni d'argent, simplement, simplement ces riens. Et la définition du bonheur te sens proche. Car c'est peut-être donc cela que la population recherche activement et sans relâche, ce bonheur. Se contenter allègrement de ce que l'on possède. Peut-être. Peut-être que c'est ainsi ce que l'on peut espérer de mieux afin de tenir le coup. Peut-être.




Publié par Tais-toi.mon.coeur

Jeudi 11 septembre 2008 à 22:07



JE VAIS BIEN, NE T'EN FAIS PAS.



Le temps n'est plus réellement là. Il te file entre les doigts, et tu n'as plus que l'occasion de te laisser porter par le vent à présent. J'aime bien ne plus avoir le temps. Le temps fait penser. Penser blesse. Déstabilise. Nous incite à la perte d'équilibre.
Je ne veux simplement pas chuter maintenant.


Alors tu n'oublies pas. Tu gardes bien en tête la nécessité d'être constamment toujours occupée. A quoi qu'une activité puisse avoir de quelconque. Bien en tête d'être toujours constamment et précautionneusement entourée. Par les premiers pas défilant sous tes yeux fuyants. Par elle, par lui. Tu prends toujours bien soin qu'il soit près de toi, ou pas si loin, parce que tu aimes sa manière de toujours prendre soin de toi, de souvent se préoccuper de ce que tu désires.
A elle, tu tends volontiers ton trieur translucide pour l'observer de son feutre noir tracer ces quelques tendres mots plein de chaleur, qui te font sentir moins seule, pour quelques fugaces instants sucrés.

Tu te forces parfois à coller des sourires factices sur tes lèvres réticentes, car tu sens que malgré tout, malgré lui, malgré elle, malgré tout ça, un vide que tu ne sais comment remplir reste tapi dans l'ombre. Tes multiples efforts incessants et incohérents le repousse au loin, l'entasse sur une pile à jeter dans le noir dès que la possibilité t'en seras donnée. Fuir, subsister, je n'ai trouvé que cela pour panser les plaies. Ton acharnement porte ses fruits, et tu te sens bien.

Mais pour combien de temps encore ?





[ A peu près J-18 avant de retrouver Lilly... Oui, j'ai effectué un calcul approximatif, je sais, ça craint. Mais c'est loooooooooong. ]


Jason Mraz and Colbie Caillat - Lucky



Publié par Tais-toi.mon.coeur

Mardi 2 septembre 2008 à 19:33



Grand sujet polémiqué, retravaillé, hantant chaque esprit.
La fin de l'été... L'épidémie générale qui s'attarde sur nos sourires, les soupirs remontant au bord des lèvres, entrechoquant nos lourds corps de condamnés à la peur de l'échec. Nos libertés conjuguées au passé, les soirées sous l'air chaud d'août, le vent humide fouettant fraichement tes cheveux coupés, avec pour seule lumière dans une calme nuit apaisante la lueur du réverbère scintillant face à ton être. Ne plus observer consciencieusement les aiguilles de l'horloge avançant rapidement afin de conserver un quota de sommeil respectable. De léger accords sans contraintes, le soleil réchauffant allègrement nos épaules nues, nos yeux éveillés doucement par les rayons de soleil matinaux, tes rires sans closes d'horaires. Lorsque nul n'attend de ton être réussite, acharnement, reflet d'une apparente force dont tu ne possèdes que bribes et lambeaux.
Les yeux clos tu ne vois qu'un aller sans retour, qu'un départ sans recours, toi et tes fugaces désirs de gamine rêveuse et stupide face à l'abnégation.

Mais il est temps de prendre un nouveau départ. De trouver le courage de tenter le saut dans le vide. Ce n'est rien, rien d'important. Mais aussi loin que m'emporte le vent de l'enfance, j'ai attendu d'être nommée "littéraire" .






HERE WE ARE.


Publié par Tais-toi.mon.coeur

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