Les paysages urbains défilaient lentement, de plus en plus reconnaissables, je les observais d'un oeil creux, vide, me rendant finalement compte tout d'un coup, sans raisons, sans questions, probablement sans réponses, que je n'étais plus en colère désormais. Que je m'étais affranchi de ce stade circulairement vicieux, de ces remords sans fondements, de ces craintes sans raisonnement, de ces espoirs lourdement déposés sur le quai d'une gare déserte.
Non, il était simplement sujet de vie. La vie, celle que nous n'avons pas vécue. Même si les faux-semblants régnaient malicieusement sur nos embumés subconscients, nous n'avions pas vécu, et cela n'était point grave. Pas important. Il suffisait d'accrocher deux post-it de sourire, l'un spécifiant discrètement "Ne m'oublie pas." . Mais si, un pied, puis deux, posés gauchement sur ce béton familièrement irrégulier, une portière blanche claquant rapidement sous un vague aurevoir, et c'était tout. Si, nous avions oubliés.
Il était question de bagages furtivement déposés aux côtés de la rame trois, celle que nous prenions, tout en sachant à la perfection qu'elle ne nous menait strictement nulle part, sinon dans un mur de brique.
Et R. avait certainement raison, lorsqu'il me disait que ce devait être mieux ainsi, quand je lui avais confié quelques mots à la dérobée. Il avait probablement raison de ses répliques rassurantes, me glissant qu'au moins, je n'avais rien connu d'autre et que tout cela était par conséquent plus facile.
Car un quotidien inconnu ne peut nous manquer, si nous avons uniquement rencontrés de brèves éclairs de valises à la gare les week-ends.
Comment ce que l'on a jamais connu peut-il créer un vide en notre être ? C'est acte impossible. Les hypothèses s'offrant à ma portée laissant planer une ombre de conditionnel passé, me chuchotant au creux de l'oreille que nous aurions pu la vivre, cette vie, me laissent de marbre sur le linox froid de ce quai de gare.
C'est à propos de la vie que nous n'avons pas vécue. Du superficiel, de l'artificiel, de l'espace depuis toujours blanc sur les paperasses des tuteurs légaux, juste à côté d'une signature expressement grifonnée au stylo bille noir. L'indiscutable et inavouable certitude de me tenir à la droite d'un étranger, me semble t-il l'avoir acceptée.
Il est évident à présent, que le train a déraillé depuis longtemps. Et me voici, attendant patiemment un wagon invisible sur le sol d'une ancienne gare abandonnée.
C'est ici que s'achève notre vie, celle que nous n'avons pas vécue.

♫ OneRepublic - Apologize
Non, il était simplement sujet de vie. La vie, celle que nous n'avons pas vécue. Même si les faux-semblants régnaient malicieusement sur nos embumés subconscients, nous n'avions pas vécu, et cela n'était point grave. Pas important. Il suffisait d'accrocher deux post-it de sourire, l'un spécifiant discrètement "Ne m'oublie pas." . Mais si, un pied, puis deux, posés gauchement sur ce béton familièrement irrégulier, une portière blanche claquant rapidement sous un vague aurevoir, et c'était tout. Si, nous avions oubliés.
Il était question de bagages furtivement déposés aux côtés de la rame trois, celle que nous prenions, tout en sachant à la perfection qu'elle ne nous menait strictement nulle part, sinon dans un mur de brique.
Et R. avait certainement raison, lorsqu'il me disait que ce devait être mieux ainsi, quand je lui avais confié quelques mots à la dérobée. Il avait probablement raison de ses répliques rassurantes, me glissant qu'au moins, je n'avais rien connu d'autre et que tout cela était par conséquent plus facile.
Car un quotidien inconnu ne peut nous manquer, si nous avons uniquement rencontrés de brèves éclairs de valises à la gare les week-ends.
Comment ce que l'on a jamais connu peut-il créer un vide en notre être ? C'est acte impossible. Les hypothèses s'offrant à ma portée laissant planer une ombre de conditionnel passé, me chuchotant au creux de l'oreille que nous aurions pu la vivre, cette vie, me laissent de marbre sur le linox froid de ce quai de gare.
C'est à propos de la vie que nous n'avons pas vécue. Du superficiel, de l'artificiel, de l'espace depuis toujours blanc sur les paperasses des tuteurs légaux, juste à côté d'une signature expressement grifonnée au stylo bille noir. L'indiscutable et inavouable certitude de me tenir à la droite d'un étranger, me semble t-il l'avoir acceptée.
Il est évident à présent, que le train a déraillé depuis longtemps. Et me voici, attendant patiemment un wagon invisible sur le sol d'une ancienne gare abandonnée.
C'est ici que s'achève notre vie, celle que nous n'avons pas vécue.

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